Faire de l'occasion de la nouvelle nécessité de pensée

La querelle des retraités

In crise economique, critique de l'economie, liberalisme economique, philosophie, systeme de santé on juillet 15, 2009 at 3:50

 

 On est habitués au mécontentement des travailleurs face aux programmes sociaux dont bénéficient les chômeurs. Il ya ,nous dit-on, apparence d’inéquité et  soupçon d’assymétrie dans l’idée de faire payer à une classe de citoyens l’oisiveté entretenue des autres. Pas un seul débat , pas une seule tribune libre où les bons travailleurs ne viennent scander l’offense faite au salariat  par le lobbying   des protectionnistes sociaux. Une autre ligne de mécontentement se dessine pourtant  à l’horizon de la croissance du vieillissement des populations: Après la grogne anti-chômeurs, la querelle  des retraités.

 On sait que  le passage à l’âge d’or  s’accompagne déjà de son lot de tracasseries naturelles (fragilisation de l’individu,santé précaire, solitudes, insécurités multiples,perte de réseaux sociaux). S’il fallait,de plus, qu’elle devienne le luxe monopolisé par une génération aux dépens des autres qui la financent , il faudra s’attendre à ce qu’elle occasionne l’invention d’un nouveau souci dans l’espace public.

Partout l’alerte est sonnée: un nouveau pacte devient urgent entre les prestataires actuels et les  futurs cotisants au risque de l’effondrement des réserves actuelles.

Au Québec le temps de la retraite s’annonce avec quelque couches de gris sur fond de crise économique et de banqueroute du secteur financier

Le régime des rentes du Quebec (RRQ) a enregistré des pertes de plus de 26% l’année dernière. Le nom des symptômes: Sous-capitalisation du régime; insuffisance des revenus de placement.

 D’abord il ya la  petite fiscalité de la retraite qui ne sait plus à quel saint se vouer pour sauver  les meubles. C’est que laissé à lui seul,le taux de côtisation est une mesure vidée de toute substance. Trop bas, il perd toute la force de ses incidences. Trop haut il devient inuste pour les générations actuelles et consacre l’inéquité entre les travailleurs et les retraités.  Il est actuellement à 6% . Mais même à 9% il serait encore insuffisant dans le contexte actuel.

 Ensuite, le  nombre de retraités accroît plus vite que celui des travailleurs avec le vieillissement croissant de la population. Les choses ne vont guère s’améliorer puisqu’on prévoit d’ici 2050 moins de deux travailleurs pour un retraité .Trop peu de côtisations pour trop de dépenses.

 Puis, i y a les déboires de la Caisse dont la teneur et la portée restent encore peu documentées. Avant la crise de la Caisse l’an dernier, on prévoyait l’effritement du régime commençant vers 2017 et l’épuisement des reserves pour 2049. Maintenant depuis la perte enregistrée de neuf milliards cet épuisement sera là douze ans plustôt , soit vers 2037.

Avec une structure de population de plus en plus vieillisante, se priver des revenus de placement relève d’une logique suicidaire.

 Or un  taux de côtisation plus élevé nuirait à la compétivité du Québec  avec les autres provinces vu la similirarité des prestations  des deux régimes(RRQ et RPC).

 C’est ici que les valeurs collectives risquent une épreuve sans pareil. Sommes-nous prêts à renoncer à nos acquis traditionnels pour reprendre le chemin de l’usine ou du bureau après 60 ans? Sommes-nous prêts à geler l’indexation des rentes le pendant toute la vie salariale? Donnerons-nous aux décideurs publics le mandat de consacrer un minimum(60 au Québec) avant lequel tout départ à la retraite est interdit? La nécessité  d’augmenter le nombre de côtisants par retraité amènera t-elle les masses réfractaires à l’immigration à une meilleure disposition à ouvrir les frontières nationales aux étrangers? A moins que le Québec, qui compte déjà l’un des taux les plus bas de natalité, s’embrase soudainement d’un désir collectif d’enfants pour pallier à son déficit démographique majeur.