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La glace de toutes les convoitises

In canada, changement climatique, liberalisme economique, philosophie on août 7, 2009 at 5:51

 Le brise-glace le st-laurentL’usage démagogique que Stephen Harper a choisi de faire de la question arctique est à la fois déplorable et malheureux.Le Premier ministre souhaite augmenter les effectifs militaires alléguant des menaces ennemies à la souveraineté canadienne dans l’Arctique. Je sais bien que Les politiques circumpolaires rivalisent d’inventivité et de stratégies pour sceller l’inscription de leurs nationaux dans une filiation à l’arctique, ceci    dans le but de prévenir tout équivoque quant à leurs droits aux territoires, et par conséquent, aux ressources qui s’y trouvent.Mais, à la veille du départ de Stephen Harper pour Yellowknive dans deux semaines, il serait bien indiqué de questionner ce sursaut éminemment belliqueux d’Ottawa.  Avisés comme le reste de la planète de la débâcle climatique, et conscients que le pôle Nord sera à l’avant scène de ce réchauffement général, ils ont ,  non sans raison, induit sa prochaine naviguabilité  ainsi que l’amélioration spectaculaire de tous ses accès. Moins il y aura de glace, plus grande sera l’aisance de la pêche, de la chasse et de l’extraction de pétrole ou de gaz.Or l’Arctique abonde en  bois de construction,en matières premières mazoutées et de gaz naturel, en réserves  de charbon , sans oublier que  la US Geological Society a  prédit  que le tiers des réserves non encore découvertes en hydrocarbures de la planète s’y trouvent  . C’est amplement suffisant pour que les gouvernements autorisent toutes les dérives.  Stephen Harper, le premier minstre du Canada, a résumé en un mot la stratégie qui sera celle de celle de son gouvernement :« Quand il s’agit de défendre notre souveraineté dans l’Arctique, le Canada a un choix : soit l’exercer, soit la perdre. Et soyons clairs, notre gouvernement entend l’exercer». La question arctique en  sera donc une de souveraineté pour le Canada. « Pour défendre notre souveraineté nationale, rien n’est plus essentiel que de protéger l’intégrité du territoire : nos frontières, notre espace aérien et nos eaux », a déclaré le Premier ministre. Pour ceux qui ne savent plus ce qu’il faut bien entendre par ce mot, le Premier Ministre en a donné au moins trois illustrations récemment. D’abord en Janvier,quand des CF-18 canadiens ont intercepté un avion russe qui s’apprêtait à survoler le territoire canadien de l’Arctique. Ensuite vint la fameuse   stratégie pour le Nord du gouvernement Harper annonçant la création d’une agence de développement économique , la construction d’un nouveau brise-glace et l’aménagement d’un port en eaux profondes sur la terre de Baffin. Puis, ce fut  l’annonce d’une expédition conjointe avec les USA afin de dresser  un nouveau relevé du plateau continental. Finalement on nous prévient que le Premier ministre fera une tournée dans les trois territoires nordiques entre le 17 et le 21 août prochains. Mais aussitôt ses promesses convenue lancé, le seul instrument qu’Ottawa ne cesse de scander dans les médias reste l’achat de huit navires de guerre à la coque renforcée plutôt que des brise-glace. La souveraineté à laquelle pense le PM sera donc l’oeuvre des 65 soldats basés à Yellowknive et des 1465 rangers inuits , tous volontaires, attelés à la tâche colossale de défendre un territoire sept fois plus grand que la France. Donc quand le premier ministre pense à la souveraineté il ne pense à rien d’autre qu’à doter le bassin arctique  de navires de guerre.! Qu’il soit évident pour tous que le premier ministre canadien crée ici un précédent en  voulant introduire des navires de guerre dans cette arctique universellement convoitée  et unanimément disputée. Car même au pire moment de la guerre froide, aucun des belligérants de l’ époque n’a pensé à franchir le seuil de la militarisation permanente.  Certes il y a toujours eu des patrouilles, des brise-glace, des sous-marins en mission ponctuelle, mais des navires de guerre postés en permanence, jamais. C’est donc  un virage militariste éminemment lourd de conséquences qu’ Ottawa vient de prendre. Aussi nous devons-nous d’interroger les tenants et aboutissants de cette prétendue souveraineté.

chercheurs dans l'arctiqueTout d’abord toute souveraineté véritable dans l’Arctique commence par une souveraineté   du savoir. Or le gouvernement de Harper a fragilisé les acquis des recherches arctiques au Canada en coupant les vivres aux universitaires et chercheurs locaux accentuant du même coup l’exorde vers le voisin du Sud de plusieurs programmes de recherche. Il est pour le moins démagogique de parler de souveraineté arctique alors que le gouvernement conservateur démontre l’indifférence la plus entière envers tout ce qui touche aux études arctiques. Il faut rappeler que le Canada est jusqu’à l’heure actuelle le seul pays nordique à ne pas disposer d’un groupe de recherche permanent dans l’arctique. On ne peut être souverain sur un territoire aussi exceptionnel que l’Arctique sans une logistique de recherche cohérente et pertinente. Au moment même  ou le premier ministre affirme haut et fort dans les médisas son attachement à l’arctique, il n’est pas inutile que le public sache que la  Fédération canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère, l’un des deux seuls organismes canadiens de recherche admissibles à des subventions fédérales, un organisme qui chapeaute plus de deux cents scientifiques ,a les coffres complètement dégarnies et Ottawa leur prévient qu’ils ne doivent rien attendre de sa part. Si la présence de    navires de guerre  n’est pas forcément incompatible avec l’effort de  souveraineté, je vois mal comment Ottawa puisse imaginer cette souveraineté en faisant l’économie de la recherche et le développement. Est-ce en plaçant la connaissance de l’arctique canadien sous la tutelle des scientifiques étrangers que le Premier ministre assurera la souveraineté dans l’Arctique. Il devrait être clair qu’il n’y a pas de souveraineté réelle sans une souveraineté hautement scientifique.

Ensuite,   la souveraineté du Canada est-elle à ce point menacée  que la seule issue soit de prendre le raccourci des dissuasions militaires? La promptitude du PM à l’impatience dans ce dossier ne trahit-elle pas quelque propension belliqueuse  dont le Canada , bon élève de l’OTAN, pourrait bien se passer . Le péril est-il si entier qu’il n’est d’autre issue que l’envoi de navires de guerre dans l’arctique. La Convention des Nations Unies sur le  droit de la mer, que le Canada a ratifiée, et qui jusqu’ici a toujours protégé ses droits et garantit ses libertés, est-elle devenue tout à coup  un texte obsolète et incompatible avec la vision arctique d’Ottawa? Somme toute, Ottawa n’aura pas expliqué encore ce qui autoriserait de faire l’économie des mécanismes juridiques usuels de règlement des conflits territoriaux qu’il a toujours utilisés auparavant et dont  des  déficits ou  vices  justifieraient une précipitation dans  la  surenchère militariste. Car ce qui est sûr dores et déjà, c’est que toute présence de navires de guerre dans le bassin arctique amènera tôt ou tard les autres pays riverains à en suivre l’exemple. Et Moscou en gagnerait à coup sûr l’avantage du nombre. Car s’il est vrai que l”Arctique  russe a toujours été un défi pour Moscou, il ne faut pas perdre de mémoire que c’est elle  qui possède en termes de longueurs de côtes, plus de la moitié: 10520 kilomètres entre Mourmansk et Providentia, dernier port sur l’Arctique avant d’arriv carte de l'arctiqueer au Pacifique,envirion 6200 kilomètres. Au Groenland, le Danemark, dont La colonisation dano-norvégienne avait commencé sur ce territoire en 1721, avec l’ oeuvre missionnaire de Hans Egede et l’installation de postes de mission et de commerce, n’est pas sans ressources militaires non plus : En 1776, création d’un monopole commercial Danemark-Norvège au Groenland qui allait durer jusqu’au milieu du XXe siècle. Devenu département danois en 1953, puis territoire autonome en 1979, le Groenland, dont les revendications d’indépendance sont récurrentes, n’a jamais abdiqué ses velléités arctiques. Puis Les   États-Unis  possessionnés en Arctique grâce à l’acquisition de l’Alaska. C’est 1777000 km carrés pour 700000 habitants, dont une infime partie sur les côtes nord de cet État, celles qui sont baignées par l’océan Arctique. L’Alaska a eu ses jours de gloire: la ruée vers l’or de Fairbanks en 1900, puis le boom pétrolier à partir de 1968. Les États-Unis qui sont peut être le seul allié naturel dont le  Canada  peut être sûr. Les États -Unis, sans lesquels, Le Canada n’a jamais su faire avancer d’un pion la géopolitique de l’Arctique. Enfin, la Norvège. Par son contrôle sur l’archipel du Spitzberg (Svalbard), la Norvège surveille le canal de Barrents, le corridor maritime qui relie la mer de Barrents à la mer de Norvège, partie intégrante de la zone d’influence russe qui s’étend de l’océan Arctique à l’atlantique Nord. Surveillance aeroterrestre, mais aussi sous-marine et d’écoute, avec les perfectionnements du réseau Sosus, mis en place pendant la guerre froide. Par ailleurs depuis la fermeture  de la base américaine, c’est la Norvège qui assure la défense de l’Island. Sans oublier la Chine et le Japon. Affamés de pétrole et de gaz, en raison de leurs activités industrielles et , pour la Chine, en raison de sa croissance démographique qui  a triplé en un siècle. Ce n’est rien de moins la configuration de la géopolitique actuelle de l’arctique. Avancer les termes d’une souveraineté qui contournerait les acquis juridiques solides et sûrs pourraient inaugurer fatalement un basculement dans une dérive à la fois catastrophique et hautement destructrice.

peuples de l'arctiqueFinalement toute souveraineté dans l’Arctique passe par l’implication des peuples de l’Arctique à cet effort de souveraineté . Car la souveraineté ce n’est pas seulement un droit.C’est aussi un privilège. lorsque la dernière pelle sera jetée aux mines de cuivre, d’or ou de zinc; lorsque le dernier baril de pétrole ou de gaz naturel aura été extrait des entrailles de cette terre, il faudra faire le bilan de  ce que nous aurons fait à l’habitat naturel de ces hommes et ces femmes qui avaient élu domicile depuis la nuit des temps dans cet enfer de glace et cette blancheur éternelle.Or  les ressources de l’arctique sont innombrables, mais non renouvelables. Alors ces hommes et ces femmes auxquels la société occidentale a déjà ravi la langue ancestrale, le patrimoine rituel et religieux,  ceux-là même dont on a transformé , au nom du progrès et de la technique, le nomadisme mythique en un sédentarisme planifié et assisté par les bureaucrates d’Ottawa, ces  damnés de la terre qu’on a déjà dépossédés d’eux mêmes , il faudra prendre garde de ne pas achever leur aliénation par notre souveraine nécessité de pêcher des crevettes et de trouver du pétrole. Ce sont eux les vrais rois de Thulé ,ce sont eux,ces musiciens du vent, ces  sculpeurs de glace, ce sont eux cette civilisation du phoque , que nous avons presque achevé d’anéantir.  Ce sont eux   Ces Inuit (anciennement Esquimaux), ils sont  150000 répartis entre le Groenland danois (50000), le Canada (45000), l’Alaska américain (500000) et la Russie (1800), ce sont eux  ces Aléoutes , ils sont 12000 se répartissant entre la Sibérie et l’Alaska, ceux du groupe d’Athapascan, Amérindiens d’Alaska et du Nord canadien(25000), ce sont eux ces Sâmes (anciennement Lapons) de Norvège (45000), de Suède (17000), de Finlande (7000), de Russie (1800).En leur nom et au nom de toute cette civilisation réelle mais fragile qu’ils soutiennent, nous ne pourrons guère permettre à une   administration, quelle qu’elle soit, d’hypothéquer leur environnement et de compromettre leur avenir, sous couvert d’une prétendue souveraineté, aveugle aux dogmes des intérêts militaro-industriels.

La seule souveraineté que veulent les Canadiens dans l’Arctique est une souveraineté  riche de sa confiance dans la science arctique, respectueuse de la loi et de la norme , et par-dessus tout,  une souveraineté, qui met au premier plan  de ses priorités, le destin présent et futur des peuples fondateurs.

Chronologie  des interventions canadiennes dans l’arctique

  • 1992: Accord Canada-Russie sur la  coopération dans l’Arctique et le Nord
  • 1994: Mary Simon est nommée première ambassadrice du Canada aux affaires circumpolaires
  • 19 septembre 1996: la Déclaration d’ Ottawa crée le Conseil de l’Arctique dotant les pays du Nord d’un forum de discussions des problématiques et des enjeux communs
  • 1997: Production par le Comité Permanent des Affaires Étrangères du rapport_ Le Canada et l’ Univers Circumpolaire
  • 1998-1999: Tenue à travers le Canada de discussions et de conférences orientées par le rapport d’études Vers une politique étrangère canadienne visant le Nord
  • 1998: dépôt par le gouvernement canadien de sa réponse au document Le Canada et l’univers circumpolaire. Réunion ministérielle du Conseil à Iqaluit. Déclaration d’Iqaluit.
  • Ier avril 1999: création du Nunavut. 12 Octobre: le gouvernement s’engage dans le discours du Trône à confirmer l’hégémonie du Canada dans l’Arctique. 16 décembre , déclaration conjointe par le Canada et l’Union Européenne d’ une coopération nordique
  • 8 juin 2000: publication par le gouvernement canadien du document Le volet nordique de la politique étrangère du Canada. Du 10 au 13 Octobre: deuxième réunion ministérielle  du  Conseil   tenue cette fois à Barow, en Alaska. Adolption de La Déclaration de Barow. Adoption par l’Union Européenne d’un plan d’action sur la dimension nordique (PADN).
  • 2002: Adoption par le Conseil de La Déclaration d’Inari
  • 2003: Loi c-42 sur la protection de l’environnement de l’Antarctique. Voyage en quête du Nord moderne dirigé par la gouverneure générale.
  • 2004: Adoption par le Conseil de la Déclaration de Reykjavik.
  • 2005: Remise sur pied du groupe de travail de l’Arctique et du Nord de la Commission économique intergouvernementale Canada-Russie.
  • 2006: Adoption par le Conseil de La Déclaration de Salekhard. Le Canada consacre 150 milllions pour la participation à L’Année polaire internationale.
  • Août 2007: annonce par le premier ministre d’ Une stratégie intégrée pour le Nord. Le discours du Trône d’Octobre 2007 consacre la stratégie pour le Nord à titre de priorité fondamentale du gouvernement.
  • 2008: Déclaration d’Ilulissat.
  • 11 mars 2009: Discours par le ministre des Affaires Étrangères d’une Politique étrangère du Canada pour l’ Arctique
  • Juillet 2009: l’armée russe annonce son intention de procéder à des vols de parachutistes dans l’Arctique en mai prochain dans le but de commémorer le 60e anniversaire de l’ atterrissage en parachute de deux scientifiques soviétiques.

Du bon usage d’un tribunal canadien contre les crimes terroristes

In phiosophie on juin 24, 2009 at 3:54

Le Canada aura bientôt sa loi pour les poursuites judiciaires contre les terroristes. Stephen Harper va déposer son projet de loi tres bientôt. L’ancien ministre de la justice,Irvin Cotler, avait préparé le terrain. Michael Ignatieff approuve. Jack Layton sourit. Le congrès juif canadien jubile. En principe, tout assassin mérite d’être jugé. Le crime ne saurait rester impuni dans une un état de droit sans que la  cohésion tant  morale qu’éthique de cette dernière ne soit compromise  . Le premier ministre doit prendre acte ,toutefois, qu’un tel geste ne saurait servir de faire valoir à des détournements subtils et malsains au service de groupuscules nébuleux cherchant à faire avancer l’agenda de leurs causes à partir d’une institution nationale. Il ne saurait surtout être question de donner le feu vert à un militantisme judiciaire abusif ou se déploieraient à outrance et à pas de charge des accusations de terrorisme sans aucun examen judicieux et en dehors des lois connues et respectées au Canada.S’il s’agit de poursuivre ces gens au Canada, les lois qui seront en vigueur pour ces procès, elles aussi, devront être canadiennes. La question du terrorisme est si sensible qu’elle représente l’accusation la plus troublante et la plus répréhensible pour un individu ou un groupe donné. Ses stigmates sont irréversibles et ses conséquences dépassent les limites du territoire national ou vit l’inculpé. Ici, plus qu’en tout autre régime du droit, le mot d’ordre devrait être prudence,attention et précision.L’erreur sera toujours de trop. Qu’on se souvienne de Charkaoui. Qu’on garde en mémoire les détenus faussement inculpés à Guantanamo. Quand bien même les accusations  cesseraient, une forte odeur de doute continuera à  planer.

Si les enthousiastes de ce projet de loi s’inspirent du cas de la Libye ,disons rapidement que l’exemple libyen est une exception vue l’origine des criminels et la globalisation des préparatifs au crime.

Rappelons qu’à l’heure actuelle il n’y a encore aucune définition juridique canadienne  connue du concept de terrorisme. Il ne serait pas inutile d’inviter à un balisage conceptuel préalable avant de sauter pieds joints à l’assignation  juridictionnelle de ces poursuites. Une autre question d’importance revient à déterminer quel sera le poids des instances de la Gendarmerie Royale du Canada ou d’autres corps de police dans la manipulation de la preuve, qui, on peut présumer,émanera pour la plupart de corps d’enquête étrangers. Car s’il s’agit de poursuites canadiennes faites par des Canadiens contre des résidants ou ressortissants canadiens il serait difficilement tolérable que ce tribunal devienne une vitrine offerte par le gouvernement canadien à ses amis étrangers pour mener en sol canadien leurs affaires locales.La question de l’autonomie du Canada autant dans la preuve recueillie que dans la tenue du procès ne sera pas une question collatérale. Au contraire, elle touchera à la pertinence même de cette judiciarisation du terrorisme. D’autant plus que les familles n’hésiteront pas à faire des comparaisons entre ce qui se fait ici et ce qui se fait ailleurs. Contre tous ces éventuels appels à s’éloigner des normes juridiques et administratifs locaux , le seul bouclier possible ne sera rien d’autre que la parfaite intégration des tenants et aboutissants de ces poursuites dans l’édifice juridique national,et ceci du début à la fin. Sinon, adieu ordre et justice, bonjour chaos et dérapage.

Énergie propre:il est minuit moins cinq

In phiosophie on juin 11, 2009 at 11:57
GM, longtemps, première entreprise de la planète,  emblème chérie de l’Amérique triomphaliste,menacée de faire faillite, voilà une odeur de fin du monde pour toute l’industrie automobile et peut être plus encore.Pour l’année financière, l’entrerprise a subi une perte d’environ 31 milliards US. En 2007, c’était 43 milliards US de pertes qu’elle subissait. On accuse d’office les pétrolières   du Golfe trop cupides; on dénonce la gourmandise éhontée des cadres supérieurs dont les primes faramineux ne finissent de scandaliser Mainstreet; on fulmine contre les banques qui ont consenti à des prêts un peu trop à la va vite.
Et si la déconfiture de GM avait tout simplement pour nom le sommeil idéologique de l’industrie automobile américaine ainsi que ses rejetons européens face à la nécessité de s’ouvrir aux énergies renouvelables moins polluantes. Et si tous ces milliers d’emploi qui seront perdus pour jamais auraient pu être  écités si les bonzes de l’automobile s’étaient mis au pas des possibilités réelles qu’offrent les recherches sur les biocarburants et l’énergie propre.
Triomphe pour les environementalistes! Pas si sûr.
 puits de pétrole en Iran
  Disons qu’on ne sait pas encore trop bien de quoi aura l’air la voiture de demain. Ce dont on peut être sûr dores et déjà c’est que l’essence sera d’un autre type. Elle viendra des énergies renouvelables.  Ses sources de production se localiseront plus proches de ses points d’utilisation.  Elle sera plus propre.  Bref, ce sera de l’essence bio avancéé.
Et, comme citoyens d’une économie globalisée, nous exigerons tous un carburant plus propre et plus disponible.  Les carburants biologiques du futur satisferont ces tests.  Ils seront produits à partir de   biomasse, grâce à la technologie moderne  de façon à être renouvelable, plus propre et plus pratique de telle sorte que le consammateur puuisse les trouver et les utiliser à proximité de la station de pompage.
 
Le défi est celui qui soustend toute nouvelle inflexion dans les habitudes collectives: et je parle de la compatibilité avec les anciennes. Ces biocarburants se devront d’être compatibles avec les systèmes de distribution de carburant ainsi qu’avec  les véhicules existants, tempérant ainsi le besoin additionel de nouveaux systèmes d’infrastructures fort coûteux.
Le Canada, tout comme le Québec,accuse un retard fort important face aux USA, le Brésil et  l’Europe.
Mais le séisme provoqué chez nous  par l’effrondement de la maison GM rappelle avec effroi l’impératif urgent d’un virage national.
Quelques signes encourageants.
Enerkem, une entreprise de Montréal, a annoncé la mise en chantier cette année d’une usine qui transformera une partie des déchets domestiques de la ville d’Edmonton en éthanol et méthanol, deux alcools pouvant servir de carburant. À partir de 2011, cent mille tonnes de déchets serviront à produire 36 millions de litres par année de biocarburant, l’équivalent en consommation d’essence de 15 000 voitures.
Il est déjà minuit moins cinq à l’heure énergétique mondiale.Ét ce sont les biocarburants  qui occupent le peloton d’avant posted à titre de  candidats les plus prometteurs comme  substituts à l’essence traditionnelle. Quelques embuches se feront coriaces. Il faudra que que moins de terres arables  soient  utilisées pour produire une quantité donnée de carburant afin d’éviter toute concurrence avec la production agricole.L’éthanol cellulosique, que l’on fabrique à partir de matériaux sans valeur alimentaire, comme l’épi de maïs sans ses grains, la paille du blé ou le bois d’arbres atteints de maladie en est un exemple éloquent.   Au début,  ce sont les parties des semences alimentaires qui sont non comestibles ( les pailles   et les feuilles dans le cas du maïs)  qui seront converties en carburant.

  En fait ,la voiture de demain fonctionnera plus ou moins comme celle d’aujourd’hui. Des générations d’automobiles,incluant celles d’aujourd’hui et la plupart de celles à venir,fonctionnent grâce au moteur à combustion interne. Sans oublier qu’un temps de transition sera nécessaire pour remplacer les voitures existantes. Selon le AAA(American Automobile Association), il y a plus de 240 millions de véhicules sur les routes américaines.  Les voitures de promenade ont un âge moyen de près de neuf ans en 2006,  et cet âge moyen n’a cessé de croître depuis  2001.  Les voitures et les camions plus vieux de onze ans composent le tiers—36%— du parc automobile.  Plus la récession continue d’affecter les acquisitions d’automobile ces chiffres ne feront qu’augmenter. En outre,lors des remplacements des voitures,  les nouvelles voitures achetées par les consommateurs devront être à la fois abordables et faciles d’opération. Le Gasoline (petrole) et le diesel  sont les carburants les plus abordables et les plus faciles d’opération  du siècle dernier  et ils continuent de l’être à ce jour.  Toutefois ces dernières années ,l’approvisionnement  en gasoline et du diesel dérivés du pétrole a été remis en question.  De quoi aura l’air le carburant du futur?  Les carburants futurs devront être compatibles avec les moteurs des véhicules existants  ainsi qu’avec l’infrastructure de livraison des carburants actuels.   Ils sont légion les avantages de la prochaine génération de carburants bio.  Premièrement ils ne sont pas moins efficaces que notre gasoline et notre diesel d’aujourd’hui.  C’est pourquoi dans le jargon de l’ndustrie on les décrit comme étant “fungible”,  i.e qu’ils sont  interchangeables  avec l’offre de carburants existants.      Troisièmement, l’utilisation de biocarburants avancés éliminera en même temps les préoccupations d’un  ”blend wall”,  étant donné qu’on peut les mélanger  dans n’importe quelle concentration  avec les carburants pétrochimiques,  ce qui augmente leur penetration.

, À l’avenir, les automobilistes n’auront pas à changer leurs habitudes d’achat et d’usage des carburants.  À titre d’anologie, l’exemple du software Web 2.0  ,  ou les changements aux applications enligne sont immédiatement disponibles à tout usager.  Aucun besoin d’acheter du nouveau hardware,  d’attendre des mises à jour  ou d’espérer que ça marchera une fois installé.

 .

 

 

 Les biocarburants seront les carburants de transport les plus respectueux de l’environnement et les plus disponibles  La première génération des carburants de transport,  comme l’ethanol à base de maîs,  a permis de réduire la dépendance aux carburants fossiles.  Cependant ils n’ont pas été assez efficace en output d’énergie,  et plusieurs enjeux relatifs aux prix des aliments et l’usage des terres ont été soulevés.  Àl ‘avenir les biocarburants fungibles et commercialement viables  seront basés sur de multiples feedstock non alimentaires,  approvisionnés localement près des sites de production de carburant.

 Aujourd’hui, des ressources, tant publiques que privées, fort significatives sont utilisées pour rendre nos voitures plus efficaces .  On peut s’attendre à des avancées technologiques de plus en plus soutenues avec le but commun de la protection de l’environnement.  Les véhicules électriques ou à batterie, par exemple,  se basent sur d’importantes nouvelles techonologies  qui auront leur rôle à jouer,croyons-nous, dans le futur. Cependant d’importants défis à moyen terme demeurent.

 Des enjeux de performance comme la vie suboptimale des batteries  et les capacités de stockage.  Mais l’impact potential sur l’environnement est ,de manière paradoxale,le principal talon d’Achille des véhicules électriques.  Premièrement les véhicules électriques ou à batterie seraient principalement chargées en puissance dérivée du charbon, lequel  est très bien connu comme une source importante de gaz à effet de serre(greenhouse) qui contribue grandement au réchauffement climatique. De plus,  il est évident que la production de plus de puissance à base de charbon pour charger les véhicules électriques  causerait également une plus grande pollution.

 Ensuite, les voitures à batterie dépendent du lithium,  un matériel brut qui fait déjà l’objet de sollicitude accrue de la part de l’industrie informatique.  Ce qui pose la question de dommage environemental potentiel  pour les pays moins développés  ou se trouve le lithium.  Qui plus est,l’impact environemental d’une plus grande diponibilité de batteries  devra être considéré.  Autant d’embuches qui peuvent créer des défis  à la disponibilité à large échelle  et à l’adoption de  véhicules électriques abordables et pratiques.

 Une autre tare des voitures à batterie rechargeable  consiste en leur dépendance  à l’infrastructure vieillotte et moribonde des systèmes de transmission. Aux USA seulement,un rapport du  Electric Power Research Institute  estime que le pays a couramment assez  de dispositifs extra electriques pour charger 1 million de voitures tous les soirs.  Alors qu’il y  a plus de 240 millions de véhicules en usage.  A 30 millions de plus de voitures électriques   ajoutés au parc immobilier  la prochaine décennie  ce système déjà très congestionné risquerait d’exploser.

   Ensuite les domaines ou le potentiel solaire ou éolien  sont les plus grands ne sont pas forcément les plus proches des centrales électriques(grid power),  ouvrant la voie au marchandage des sites et à des débats  capables de fissurer des consensus acquis entre plusieurs mouvements qui font jusqu’ici front commun.  Il est des environnementalistes ,par exemple, qui sont tirailles entre  la ratification du traité Endangered Species Act  dans les débats autour du sort de la tortue du désert  sur les sites des panneaux solaires and  et l’infrastructure de la transmission  du Désert Mojave   sur la centrale,  pour une plus grande distribution. On peut s’attendre à des débats de plus en plus vigoureux entre la communauté scientifique et d’autres sur le carburant de transport futur..  Ce qui est très sain et nous assure que toutes les opinions seront entendues.  En fin de compte, tous admettent que la pollution reliée au transport doit être réduite.  Pour atteindre cet objectif,le carburant du futur doit être autant accessible et abordable que propre.  Autrement il ne sert à rien, car il restera une curiosité de laboratoire  ou une opportunité de marketing éloignée .  La prochaine génénration de carburants,  dérivée de sources naturelles dérivées,  voilà une étape pratique dans la bonne direction.

 Commençons par dire tout simplement que le côté pragmatique des choses joue en faveur des biocarburants puisqu’ils sont plus faciles à trouver.  Sans oublier qu’il il y a encore beaucoup à faire avant que les batteries deviennent techonologiquement adoptées et commercialement viables pour le commun des mortels.   Évidemment on peut toujous objecter la plus grande efficacité des moteurs électriques par rapports aux moteurs à combustion interne  et par voie de conséquence,leur moindre coût d’opération,  même si on prend en compte leur coût d’acquisition initiale plus élevé.  Seulement, on peut s’attendre qu’avec l’usage les innovations technologiques reliées au carburant lui-même contribuent à en augmenter la performance de la combustion interne.Car il fait partie inhérente des espoirs promis par la biotechnologie de pouvoir produire plus efficacement que la chimie traditionnelle.

 Il serait illusoire de croire que la demande de voitures électriques  n’aura aucun impact sur le marché de l’automobile. L’image de lignes d’autos se rechargeant les batteries,la nuit venue,  connectées à des prises relève un peu de la fiction. Les adeptes de la voiture électrique ne disent pas non plus   à quel point les rechargements rapides sur la route demanderont des voltages plus hauts et des puissances à trois phases, lesquels ne pourront se réaliser sans de nouvelles infrastructures.   On peut leur demander aussi ou procureront-ils les matériaux des batteries nécessaires à ces rechargements rapides. Actuellement le laboratoire serait leur seule source . S’il est vrai que les voitures privées pourront se passer de ces rechargements rapides , ce n’est pas le cas des voitures commerciales,qui constituent la part du lion du parc automobile.

 La question épineuse de la provenance des matériaux bruts! Biocarburants et concurrence aux produits alimentaires semble aller de pair.Il restera moins de maïs ,nous ressasse t-on, lorsqu’on aura utilisé plus de maïs pour faire du biocarburant. Le biacarburant ce n’est pas nécessairement de l’éthanol à base de maïs. Et ceci pour au moins deux raisons:  Premièrement,le marché du maïs américain est subventionné par des subsides de telle sorte qu’il n’y a guère un prix de marché donné pour le maïs américain .  Toute politique honnête de carburant américain  procéderait à l’élimination de ces subsides  ainsi que les barrières à l’importation de biocarburants commercialement viables , tel que l’éthanol dérivé de la canne à sucre brézilienne. Deuxièment le maïs est un grain céréalier. Il est utilisé pour l’éthanol à cause de sa richesse en amidon( conséquence d’une breeding très sélective destinés à le rendre nutritif),  et toute fermentation yeast-based existante  ne pourra au début faire l’économie de l’amidon ou de la canne.    Dès que les enzymes soient à même de digérer les celluloses,  la partie la plus importante de la matière végétale tout est possible:  Évidemment des semences dédiées en carburant seront du lot,  mais l’objectif étant toujours de changer toute la plante en carburant, de telle façon  que si les semences alimentaires formaient le matériau brut.  En ce qui concerne les batteries,  la question du matériel brut revient à se demander d’ou vient le lithium.On sait qu’il n’est pas possible pour les constructeurs de batterie actuelle et possible de faire l’économie   des ions de lithium  à titre de transporteurs de charge positive. ( La charge négative étant transportée par les électrons  qui courent dans le moteur électrique.)  Or les lions de lithium sont petits,  et par conséquent mobiles.  Seulement les ions d’hydrogène et d’hélium sont plus petits,  mais les premiers sont les bases de batteries traditionnelles à forte teneur d’acide,  ce qui pose d’autres problèmes.Quant à l’helium, il pèche par son inertie et par son prix très cher. Il est vrai que les fournisseurs d’hélium sont geographiquement restreints,  les plus grandes réserves étant en Bolivie.La dépendance envers les monarchies pétrolières exclut d’emblée comme stratégie de chercher leur lithium.  

Non à l’écologie bon marché de Stéphane Dion!

In phiosophie on juillet 15, 2008 at 11:04

Lettre ouverte à Stéphane Dion,

Honorable député de Saint-Laurent Cartierville

Chef du Parti Libéral du Canada

 

 

 

Depuis que votre organisation politique a procédé le 19 juin dernier, à la publication de son Plan Vert, on a assisté, sur la scène politique,   à une surenchère d’épithètes, allant du panégyrique le plus superlatif aux critiques les plus tranchantes. Certains parlent du tournant vert du Parti Libéral. D’autres s’empressent d’ajouter que vous tournez au vert pour mieux nous faire tourner au rouge, réduisant par là toute cette clameur médiatique à des velléités bassement électorales. D’autres encore n’y voient que des paroles, car, prétendent-ils, vos objectifs sont tellement dérisoires, vous avez mis la barre tellement bas, qu’il est impossible que vous ignoriez que votre plan soit ridiculement misérable devant l’ampleur de la crise des gaz à effet de serre. Finalement il y a ceux qui croient que seul un cancre en finances puisse raisonnablement croire en la plausibilité économique d’un tel montage qui, croient-ils, n’autorise qu’une seule certitude, soit celle   d’enfoncer le pays, qui est déjà en récession, dans un gouffre financier amer et  d’œuvrer à enlever   au Canada tout avantage comparatif dans ses échanges internationaux. Les partis politiques de l’opposition, le parti conservateur, les militants écolos, Greenpeace, David Suzuki, tous se croient obligés, à raison ou à tort, d’honorer votre proposition verte de leur petit commentaire et analyse. Qu’il nous soit permis , en marge de ces envolées de mauvaise rhétorique et cette cacophonie de syllogismes affolants, de soumettre les prétentions de votre plan à un examen autant de  ses présupposés philosophiques, de sa pertinence écologique que de sa plausibilité financière.

Tout d’abord, nous savons que la vision d’un monde étroitement anthropocentrique qui place l’homme et le monde dans un rapport de hiérarchie factice a déjà épuisé toutes ses possibilités. L’image, d’un homme, maître et seigneur de la nature, régnant en monarque absolu sur le monde et investi d’une mission émancipatrice au destin lié à un progrès inévitable et garanti, est depuis longtemps obsolète. Depuis, au moins, les deux guerres mondiales du siècle dernier, nous avons fait l’amère expérience des dérives possibles de la science, la maxime riche de sagesse philosophique qu’une ‘’science sans conscience n’est que ruine de l’âme’’ s’est inscrite avec une actualité  douloureuse au cœur de notre expérience collective. Désormais l’idée même d’une raison omnipotente et nécessairement émancipatrice est difficile à supporter. La phase d’exploitation frénétique du monde par l’occident, inaugurée à l’aube de la Renaissance, se sera définitivement achevée. Qu’un gouvernement, comme l’administration Harper, se refuse à prendre acte de ce fait, voilà qui  condamne cette dernière à demeurer dans les oubliettes de l’histoire, voilà qui  démasque sa vision écologique préhistorique en immobilisme assassin. Évidemment, prendre acte de l’inscription de l’homme dans la nature ne saurait servir de prétexte à une liquidation rétrograde des acquis fondateurs de la modernité occidentale et à un retour à une  conception holiste et hétéronome de l’homme. Il ne saurait s’agir de remplacer le totalitarisme du sujet par le totalitarisme, non moins répréhensible, du monde. Aussi me permettrais-je de vous inviter à la vigilance et à la plus grande prudence philosophique lorsque dans votre plan vert vous  dites ‘’ Nous devons faire notre part afin de contrer la crise provoquée par les changements climatiques, pour préserver non seulement notre grand pays et notre mode de vie mais aussi la planète tout entière et les millions de personnes dont la vie est en péril.’’ Il ne saurait être question d’immerger le citoyen canadien dans un tout cosmique ou il serait vidé de toute substance propre, noyé dans une transcendance bon marché à la sauce écolo. Sans un penser global, l’agir local risque de s’effondrer dans un activisme aveuglément délirant.

Mais, monsieur le député, vous me permettrez d’être sceptique quant à la pertinence des politiques néolibérales à bâtir une réelle vision écologique. C’est une nouvelle pédagogie des besoins que requiert la nouvelle éthique de l’environnement. Et il n’y a rien de tel dans l’économie de votre plan.

Puis-je attirer votre attention sur un fait capital qui a pourtant été oblitéré dans les discussions suscitées par votre plan.  . En effet, votre plan vert est silencieux sur la réalité maintes fois rappelée dans le débat environnementaliste que  si l’on généralisait à l’ensemble de la population mondiale la consommation moyenne d’énergie des États-Unis, les réserves connues de pétrole seraient épuisées en dix-neuf jours. Vous comprendrez alors, monsieur le chef du parti libéral, que l’inégalité entre les riches et les pauvres n’est pas un accident de parcours du néolibéralisme, au contraire, c’est une condition nécessaire et essentielle de son être et de son devenir. Quand vous proposez, comme vous le faites dans votre plan vert, des crédits d’impôt pour les familles les plus démunies ainsi que des protections pour les retraités, vous ne contribuez, monsieur le député, qu’à reconduire le système actuel dans toutes ses contradictions et ses apories. Vous pourrez jouer au redresseur d’inégalités ponctuelles aussi longtemps que vous le voulez, un véritable plan vert ne saurait faire l’économie d’une lutte générale à la structure de consommation actuelle fondée sur le gaspillage, l’ostentation, l’aliénation marchande et l’obsession accumulatrice. Sinon, votre plan ne fera qu’avaliser un changement de consommation, tout en autorisant encore autant de consommation, sinon davantage de consommation.

N’est-il pas paradoxal, par ailleurs, qu’une proposition verte ayant la prétention de lutter contre les GES n’ait rien prévu comme correctif quant au comportement du consommateur à la pompe d’essence ? Ne craignez-vous que cela soit traduit comme une subvention du pétrole à la pompe en refilant les profits au consommateur sous la forme de pétrole moins cher ? Qu’avez-vous à répondre à ceux qui vous taxeront d’encourager la consommation d’énergies polluantes en utilisant les ressources du gouvernement ? Comment pouvez-vous vous assurer que cette économie à la pompe ne servira pas à acheter de plus gros utilitaires, plus polluants et plus énergivores ?

En réalité votre plan se contente d’une pratique minimaliste du développement durable : cette écologie faible risque de conduire un éventuel gouvernement libéral à de bien curieux compromis sur les organismes génétiquement modifiés, sur les sites d’enfouissement de déchets, sur la destination actuelle de 67 % de notre pétrole et de 57 % de notre gaz naturel vers le marché américain. Rien de cela n’est entamé par votre nouvelle proposition verte.

A lire votre plan vert, la défense de l’environnement est devenu non seulement un concept publicitaire, mais aussi un véritable marché  lucratif. C’est faire injure à ma foi indéfectible et  inaliénable au credo écologique. C’est également la meilleure façon de vous discréditer auprès des Canadiens. Car nous savons tous que la rationalité économique et les valeurs écologistes authentiques s’inscrivent dans un rapport d’incompatibilité sans appel.  Non, Monsieur le député, mon rêve d’un monde plus vert n’est pas à vendre et il est hors de question que vous travestissiez mon plus doux espoir en une  marchandise échangeable de l’économie libérale. Votre plan vert n’est qu’un plaidoyer faisant l’injonction aux  corporations et aux multinationales   pétrolières de domestiquer la force de subversion écologiste.        

 En lisant ce plan vert qui compile cinquante ans de morale économique écologiste on est frappé par l’absence totale de  toute considération de justice et d’équité dans l’élaboration de ses mécanismes de fonctionnement. Il ne peut exister de plan véritablement vert sans une réflexion corollaire sur la structure inégale de l’accessibilité à l’énergie. On sait en effet que 67% de la production pétrolière canadienne et 57% de notre gaz naturel sont destinés au marché américain ou 5 % de la population mondiale consomment 25 % du pétrole. Ce qu’il nous faut c’est une nouvelle éthique de la suffisance, une pédagogie de l’utile et du nécessaire, la réhabilitation de la décroissance.   

On assiste donc là à une idolâtrie du dollar vert et à une  absence quasi totale  de toute considération humaine et citoyenne face à cette nouvelle économie toute puissante qui se considère comme sa propre finalité et ne vise que soi pour valeur ultime. Une écologie molle ne contribuerait qu’à donner au corporatisme financier de nouvelles bases d’exploitation et de domination.

Je voudrais vous partager ma crainte que la taxe sur le carbone, si elle n’est accompagnée de mesures pénales et d’une véritable éthique du suffisant, de l’utile et du nécessaire, ne contribue à faire croire aux corporations et aux multinationales pétrolières que la réduction des émissions soit une autorisation à normativer la liberté des citoyens, ou encore à faire asseoir une équivalence entre ‘’plus vert’’  et ‘’plus juste’’ ou ‘’plus équitable’’.Que même dans  une économie plus verte se pose encore le problème de l’inégalité abusive de la richesse dans notre société et dans le monde.   

C’est pourtant là une réalité qui dépasse les lignes partisanes. Il n’appartient ni aux Conservateurs, ni au Bloc, ni au NPD, ni aux Libéraux de noyer les injustices et les inégalités dans un océan de principes respectables et à la mode, de travestir la justice sociale en écologisme bon marché.

Il ne s’agit pas d’une peccadille qu’on peut mettre au compte des détails à résorber progressivement. C’est là que se trouvent les raisons du désastre écologique. Elles s’appellent la rapacité, l’avarice, l’appât du lucre. Et ça ce n’est pas une taxe qui peut y remédier, quelle que soit son bien-fondé, par ailleurs. La décence la plus élémentaire interdit ici et maintenant toute négociation d’une valeur aussi cardinale de notre vivre ensemble. Elle n’est pas à négocier.

 

Pouvez-vous nous dire qui sont ces instances que vous dites avoir consulté dans l’élaboration de votre plan. Vous parlez d’une certaine ‘’coalition pour un budget vert’’. Se pourrait-il que vous ayez confié l’écriture de votre plan vert à des institutions et des personnes qui sont à la fois juges et parties, et qui sont donc partiales ? Si oui, que leur avez-vous promis en retour advenant l’élection d’un gouvernement libéral ?

Il ne suffit pas de répondre ‘’nous stimulerons l’innovation au Canada à travers toute l’économie canadienne en encourageant l’investissement dans les technologies qui permettront de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre…’’Les Canadiens ont le droit de savoir la teneur des négociations et des pourparlers que vous avez eus avec les représentants de l’industrie dans l’élaboration de ce plan. Vous pouvez être assuré dès aujourd’hui, monsieur le chef du parti libéral, que nous ne choisirons jamais entre notre attachement aux valeurs démocratiques et notre volonté d’un Canada plus propre et plus vert.

La belle idée d’un Canada plus vert, plus propre, passe nécessairement par les institutions démocratiques. Ceci n’est pas négociable. Je ne veux pas d’une écologie imposée d’en haut. Je ne suis pas prêt à tout pour sauver la planète.

Et peu m’importe que ce plan respecte mieux que celui des Conservateurs les exigences de Kyoto. La base de référence de 1990, le niveau de réduction fixé à 20 %, l’échéancier de 2020, tout cela ne constitue que des  réaménagements du corporatisme financier pour mieux neutraliser l’écologie et pervertir de l’intérieur la portée de ses promesses. L’argument sublime que l’on passe de la peste au choléra ne m’accommode guère d’être malade.

Finalement, si vous voulez que votre taxe sur le carbone ne se limite à un ingénieux bricolage d’intervention étatique, il vous faudra vous attaquer à ce qui est resté le grand impensé dans les discussions relatives au désastre environnemental, et je nomme la rapacité des pays du Nord, le Canada compris.